
Leur esprit marche dans les ténèbres
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Leur esprit marche dans les ténèbres
Ars Moriendi
« Au vice déréglé la licence est permise ;
le désir, l'avarice et l'erreur insensée
ont sans dessus-dessous le monde renversé.
Tout va de pis en pis : le sujet a brisé
le serment qu'il devait à son roi méprisé ;
ainsi la France court en armes divisée,
depuis que la raison n’est plus autorisée »
Pierre de Ronsard, Discours des misères de ce temps (1562)
C’est une histoire d’une tristesse infinie
Que je dois vous conter, écoutez ce qui suit…
Cette histoire c’est celle, de mon propre pays,
Une folie humaine, une nuit faite de cris !
Saint-Barthélemy, tuerie d’une nuit
La mort de Coligny entraîna tout Paris dans le vice, la folie
Le jour qui suivi, monceau de cadavrerie…un cauchemar
C’est l’humanité qui sombra à corps et à cris
Tue et meurt au nom de Dieu, sans peur et sans regret
Embroche l’hérétique, il l’a mérité
Tue et meurt au nom de Dieu, sans gloire et sans respect
Jette les cœurs dans la Seine, ils ne seront jamais inhumés
Haine protestante, leur mémoire est sanglante
Folie chrétienne, ils ont brisé leurs chaînes
« Le roi, du sang de ses sujets, souillait ses mains sacrées »
Voltaire, La Henriade , chant ii
Femmes, enfants, fœtus, nourrissons, sans aucune distinction
Tous ont trouvé l’hérésie, tous doivent en payer le prix
« Je ne vous peindrai point le tumulte et les cris,
le sang de tous côtés ruisselant dans Paris,
le fils assassiné sur le corps de son père,
le frère avec la sœur, la fille avec la mère,
les époux expirant sous leurs toits embrasés,
les enfants au berceau sur la pierre écrasés :
des fureurs des humains c’est ce qu’on doit attendre. »
Voltaire, La Henriade, chant ii
Furiae hominem et sperare debeamus
Expie maudit huguenot, le malin sortira de tes tripes
Gorge noire ou ventre bleu, faites expirer l’hérétique
Soyez maudits huguenot, le malin vous habite
Gorge noire ou ventre bleu, éradiquez l’hérétique
Libère-toi Satan, délivre-moi et va-t-en !
Cette nuit restera dans l’histoire de France,
Comme la plus terrible comme le plus sanglante
La vieille dame et son fils, rois des ombres et du vice
Peuvent nourrir des regrets et en silence sangloter
Tristes sires, obsédés, mauvaise idée de pureté
La communauté peut être désœuvrée face à ce grand gibet !
« ô nuit, nuit effroyable ! ô funeste sommeil !
L’appareil de la mort éclaira mon réveil.
Les assassins sanglants vers mon lit s’avancèrent ;
leurs parricides mains devant moi se levèrent ;
je touchais au moment qui terminait mon sort ;
je présentais ma tête, et j’attendis la mort. »
Voltaire, La Henriade, chant ii
12:02
L'abbé de Monte-à-Regret part I
Ars Moriendi
première partie : réflexion
« Le noir serpent sorti de sa caverne impure
a donc vu rompre enfin sous ta main ferme et sûre
le venimeux tissu de ses jours abhorrés
aux entrailles du tigre, à ses dents homicides
tu vins redemander et les membres livides
et le sang des humains qu’il avait dévoré »
André Chénier, Ode ix
Aux esprits s’égarant dans émoi dans la brume
A l’écoute du ressac plein de reflets de lune
Adressons ces paroles et confions ces mots
Vous trouverez votre voie si vous fuyez le faux
Si vous êtes sans crainte vous sublimerez le temps
Apportant la nuance à tous les êtres en manquant
Qui peupleront l’enfer de leurs âmes écornées
Il sera temps de purger les derniers égarés
Sans sacrifice, point de salut
Déployer le vice, et renier la vertu
Tout est en place…odeur de sang
Pour étrangler les masses…exterminer sciemment
« Son œil mourant t’as vu, en ta superbe joie
féliciter ton bras, et contempler ta proie
ton regard lui disait…va tyran furieux, va
te baigner dans le sang fut tes seuls délices »
André Chénier, Ode ix
Rallumer la flamme en sortant de ce monde,
Voir les corps se dresser
Comme un vague à l’âme, une tristesse infinie
De voir tout s’écrouler
Il est encore temps de passer les impurs à trépas, enchaînés
Comme le vent je fais tomber les têtes on me l’a ordonné
Pervers, solidaire, incendiaire, volontaire
Je dois constamment me faire la guerre
Homicide, régicide, parricide, matricide
La veuve et ma gloire mais aussi mon vide
Cessez de me prendre pour le diable incarné
Les hautes œuvres vous contemplent de leur gué
A mort ! Ils veulent voir couler le sang
A mort ! Ma main est ce que veulent les gens
A mort ! A mort ! A mort ! A mort !
6:10
L'abbé de Monte-à-Regret part II
Ars Moriendi
Deuxième partie : solitude
Tout était de nouveau calme
Les sanglots des veuves s’étaient retirés au loin
Et je me retrouvais seul face à quelques souvenirs…
Je me souviens Bailly, honnête homme selon moi
Qui par le peuple fut pris, me plongeant dans un vif émoi
Colère populaire…grognement de misère…
Cette meute assoiffée du sang d’un patriote
Soumise et aveuglée par ce sinistre vote
Réduit cet homme intègre par l’humiliation
Le crachat et la haine sans aucune question
Puis il me pria de hâter son supplice
Lasser de voir ces gens céder à tous ces vices
M’assimilant alors à un libérateur
Je me devais de mettre fin à son malheur
Et la lame tomba bien lourde sur son cou
Ce fût grand soulagement je l’avoue
Colère populaire…grognement de misère…
4:40
Trouver la fontaine
Ars Moriendi
La fontaine de jouvence, voici un mythe bien ancré
Dans nos désirs, dans nos croyances, nous continuons à la chercher
Désir d’immortalité…comme si nous pouvions renoncer
Désir d’immortalité…arbre de vie ressuscité
Voie de la science, voie du clonage
Amour de soi, amour de l’autre
Livrer son âme sans partage
Quoiqu’il en soit être des vôtres
Qu’il veuille sauver l’être aimé
Conquérir l’espace pour l’humanité
Bien des chimères racontées rendent l’existence moins tragique
Le drame en train de se jouer ne trouvera point fontaine magique
Si nous sommes fous dans l’absolu il s’agit d’y croire encore
En mon tréfonds je suis perdu sans la fontaine se sera la mort
Qu’il veuille sauver l’être aimé
Conquérir l’espace pour l’humanité
Chaque perte subie devrait nous pousser dans cette quête
D’absolu de liberté marquant la tristesse, le passé
9:59
Puisqu'elle est éternelle
Ars Moriendi
Entre en moi n’ai crainte, je te vois contrainte
Ne soyons point lassé, comme un nœud… enlacés
Approche toi ma sainte, guide-moi hors de l’empreinte
Le monde est débarrassé, n’en soyons point embarrassé
Elle est éternelle, tellement belle, elle est telle…que ce rêve si réel
Prend-le dans tes bras, tu seras là pour ça
On ne l’a pas laissé, son dernier vœu exaucé
Ce long chemin éreinte, la lumière s’est éteinte
L’univers a changé, n’en soyons point bouleversé
Elle est éternelle, tellement belle, elle est telle…que ce rêve si réel
« Hélas! ai-je pensé, malgré ce grand nom d'Hommes,
que j'ai honte de nous , débiles que nous sommes !
Comment on doit quitter la vie et tous ses maux,
c'est vous qui le savez sublimes animaux.
A voir ce que l'on fut sur terre et ce qu'on laisse,
seul le silence est grand; tout le reste est faiblesse »
Alfred de Vigny, La mort du loup
3:32
Sur la lune ou aux enfers
Ars Moriendi
Vous ne pourrez l'admirer sous aucun angle en vous en approchant
Mais ce qui est peut-être le plus vilain chez lui
c’est sa bouche, avec laquelle il avale les jeunes enfants…»
Alexandre Soljenitsyne, L’archipel du goulag
Peux-tu imaginer pareil enfer ?
Une terre si éloignée qu’elle nous semble lunaire
En ce lieu décharné où l’on extrait le fer
De force en renonçant à quitter cette galère
ô terre brûlée…tu ne me forceras pas à renoncer
ô terre oubliée…par le fracas des chaînes je me soumets
La glace, le feu, le fer et le sang
Tout dans ce lieu n’est que tourment
Les corps meurtris se creusent au vent
Et les pierres fendent leur parement
Norilsk, baignée par la lumière polaire
Norilsk, au bout du monde on t’enterre
Norilsk, souffrance, vertige, terrible hiver
Norilsk, cet outre-monde pire que la guerre
Land of fire, land of ice, land of blood and land of vice
Projection mentale réconfortante
Permettant de tenir, de voir venir
Apparition spectrale déconcertante
Je perds l’esprit, il faudra fuir !
La lumière est là…le froid s’en va
Une chaleur m’entoure…j’ai fait le tour
L’enfer attendra…la guerre c’est moi !
L’enfer attendra…la guerre c’est moi ?
8:32
Outro
Ars Moriendi
4:30
The Reign of Chaos and Old Night (ELEND cover)
Ars Moriendi
Abject and lost lay these legions,
Covering the flood
Under amazement of their hideous change.
Lucifer, above the rest, stood like a tower.
He calls his servants, host and knights.
Horrid appeal, at which the Universal host up sent
A shout that tore Hell's concave, and beyond
Frighted the reign of Chaos and old Night.
5:36
9th studio album
Credits
“Leur esprit marche dans les ténèbres” has been recorded during 2024 at AM studio
Mixed and mastered at Moonhome studio by Vladislav Redkin
All music and lyrics by Arsonist
except “The Reign of Chaos and Old Night”, music and lyrics by I. Hasnaoui and R. Tschirner
and Outro theme, inspired by “The Snow” from “The Fountain” soundtrack byClint Mansell
All instruments by Arsonist
Female voice on “Puisqu’elle est éternelle” by Maryline
Guest vocal on “L’Abbé de Monte-à-Regret” by Julien Hovelaque
Cover artwork by Christophe Goncalves (www.instagram.com/chriss.63100/)
All calligraphy by Charles Boisart (www.cassiodore.fr)