L'abbé de Monte-à-Regret part I
Ars Moriendi
première partie : réflexion
« Le noir serpent sorti de sa caverne impure
a donc vu rompre enfin sous ta main ferme et sûre
le venimeux tissu de ses jours abhorrés
aux entrailles du tigre, à ses dents homicides
tu vins redemander et les membres livides
et le sang des humains qu’il avait dévoré »
André Chénier, Ode ix
Aux esprits s’égarant dans émoi dans la brume
A l’écoute du ressac plein de reflets de lune
Adressons ces paroles et confions ces mots
Vous trouverez votre voie si vous fuyez le faux
Si vous êtes sans crainte vous sublimerez le temps
Apportant la nuance à tous les êtres en manquant
Qui peupleront l’enfer de leurs âmes écornées
Il sera temps de purger les derniers égarés
Sans sacrifice, point de salut
Déployer le vice, et renier la vertu
Tout est en place…odeur de sang
Pour étrangler les masses…exterminer sciemment
« Son œil mourant t’as vu, en ta superbe joie
féliciter ton bras, et contempler ta proie
ton regard lui disait…va tyran furieux, va
te baigner dans le sang fut tes seuls délices »
André Chénier, Ode ix
Rallumer la flamme en sortant de ce monde,
Voir les corps se dresser
Comme un vague à l’âme, une tristesse infinie
De voir tout s’écrouler
Il est encore temps de passer les impurs à trépas, enchaînés
Comme le vent je fais tomber les têtes on me l’a ordonné
Pervers, solidaire, incendiaire, volontaire
Je dois constamment me faire la guerre
Homicide, régicide, parricide, matricide
La veuve et ma gloire mais aussi mon vide
Cessez de me prendre pour le diable incarné
Les hautes œuvres vous contemplent de leur gué
A mort ! Ils veulent voir couler le sang
A mort ! Ma main est ce que veulent les gens
A mort ! A mort ! A mort ! A mort !