L’espoir d’un refuge
Janvier
Rancœur, délaissement et chagrin m’accompagnent
Dans ma descente au cœur de cette sombre montagne
J’ai laissé derrière moi la toundra et ses périls
Mais ce qui m’attend dans le noir semble encore plus vil
Errance et déréliction
Hantise et malédiction
Souffrance et damnation
Devant mes yeux, des crânes et des talismans osseux
Parsèment la voûte de ce repaire terrifiant
À mes pieds, des carcasses et des cadavres sanglants
Leurs bouches distendues poussant des cris silencieux
Frayeur et répugnance
Torpeur et impuissance
Misère et déchéance
Une galerie étroite, creusée
Dans le sein de ce géant lithique
Me conduit à une chambre dérobée
Couverte de symboles cryptiques
Sur une murale maculée de sang
Des figures se prosternent
Autour d’une idole fantomatique
Une silhouette tordue et émaciée
Coiffée de la parure d’un cervidé
Teint blafard, griffes acérées
Dans ses orbites creuses, un brasier
Enveloppée d’un mystère chamanique
Son regard exerce une emprise maléfique
Qui soulève en moi un nouveau vent de panique
Une tempête fait rage dans mon esprit
Alors que je tente de fuir ce lieu maudit
Et les pensées immondes qui me hantent sans répit
Mon corps exténué défaille et dans ma course affolée
Je chute et le sol s’ouvre sous mes pieds
Comme la gueule d’une chose sans nom prête à m’avaler
D’un puits s’infiltre une douce lueur
Baignant la grotte d’une atmosphère surréelle
Mais ce que j’y trouve est pourtant bien réel
N’y a-t-il donc aucune fin à ces visions d’horreur ?
Je ne suis plus pourchassé, la traque est terminée
Où peut-être n’a-t-elle jamais commencé ?
Car j’aperçois enfin mon reflet dans la glace
Celui d’un monstre hideux et vorace
Dans le ventre de la terre,
L’espoir d’un refuge s’est envolé
Et je laisse la noirceur me consumer
Je suis la mort… Je suis l’Hiver